En quittant Oran en 1962, au plus fort des " ratonnades " et des " roumicides ", le narrateur est renvoyé vingt ans en arrière, à cette année 1942 qui " renfermait 1962 comme un poison " quand la métropole coloniale était devenue elle-même une sorte de protectorat allemand, quand l'histoire se jouait entre un maréchal (Pétain), un amiral (Darland), et deux généraux (Giraud, de Gaulle).
Sur cet arrière-plan historique, le narrateur déroule des histoires individuelles et y accroche des bribes de la sienne à la recherche d'un temps enfui, ressuscité, mais plus encore d'un continent perdu dont n'émergeraient que quelques crêtes, un archipel d'îlots et de récifs entre lesquels sont lancées des passerelles de mots, dessinant, frêle mais vitale, une mouvante géographie de la mémoire.
L'auteur en quelques mots...
Louis Martinez est né en 1933, à Oran.
Boursier à Moscou en 1955-1956, il a enseigné la langue et la littérature russes pendant près de quarante ans. Après Denise ou le corps étranger (Fayard, 2000), Le Temps du silure fait figure de second volet d'un vaste ensemble romanesque inspiré par la fin de la présence française en Algérie et intitulé Ciel ouvert.