Notre monde a changé.
Dans nos sociétés, la mortalité infantile s'exprime désormais en quelques unités pour mille quand, pendant des millénaires, les enfants en bas âge mouraient en masse. D'immenses progrès ont donc été accomplis et le vieillissement de la population est devenu la situation normale des pays développés. Cet état de fait résulte de progrès longtemps recherchés mais bon nombre de dirigeants politiques semblent refuser de le reconnaître en remettant continuellement en cause les conditions du départ à la retraite.
Si l'on veut aborder la nouvelle donne démographique en servant les intérêts de la nation et de sa population, une politique à courte vue n'est assurément pas la meilleure car ses conséquences pourraient très vite devenir néfastes : l'exemple de certains pays étrangers montre que l'espérance de vie à la naissance peut stagner et même diminuer si un gouvernement prend des mesures inappropriées.
L'auteur en quelques mots...
Spécialiste du vieillissement, Eric Le Bourg est chercheur en biologie au CNRS, au Centre de recherche sur la cognition animale de l'université Paul-Sabatier de Toulouse.
Ses travaux portent notamment sur les effets positifs des stress modérés sur le vieillissement et la longévité chez la mouche drosophile.